Lettre n° 35  du ME62 
octobre  2019






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Européenne




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Le sujet revient en force pour des raisons électorales, mais le sujet de la politique migratoire européenne pourrait se débloquer.
Les extrêmes droites agitent les thèses du « grand remplacement » ou de la « submersion migratoire », certains imaginant jusqu’à 25% de la population européenne d’origine africaine en 2050. D’après les démographes de l’ONU et du FMI, cette proportion serait de 3% à 4%. Ce sujet est néanmoins un sujet de préoccupation des citoyens. 40% d’entre eux considèrent que l’immigration est un des deux problèmes que l’Union européenne doit affronter.

Qui sont les personnes arrivant en Europe à qui on délivre des titres de séjour ? Eurostat donne les chiffres de 2017 portant sur 3 136 140 titres délivrés.

17% sont des étudiants internationaux, la France étant la 2eme destination après le Royaume-Uni. Avoir des étudiants étrangers dans nos écoles et nos universités est un enjeu économique, et aussi d’influence. Comme d’autres pays, la France cherche à les attirer.

26% des entrées le sont pour des raisons familiales. Faut-il renoncer aux regroupements familiaux ? et que des familles ou des conjoints restent séparés lorsque qu’un immigré s’intègre dans notre société ?

32% des arrivées sont liées à l’emploi. C’est que l’Europe manque de main d’œuvre dans certains domaines. On peut mentionner les besoins de travailleurs agricoles marocains en Espagne ou le million d’Ukrainiens qui travaille aujourd’hui en Pologne. A moyen terme, le vieillissement de la population européenne nécessitera, selon les démographes d’Eurostat, un apport migratoire extérieur de 40 millions de personnes entre 2020 et 2040.

24 % arrivent pour d’autres raisons : réfugiés, mineurs isolés, résident étranger, présents pour raison médicale ou autre. Cette catégorie, contrairement aux autres, a diminué entre 2017 et 2018. Les demandes d’asile, notamment, ont chuté : 634 700 en 2018 alors qu’elles ont culminé à 1,4 et 1,5 million en 2015 et 2016.

Au total, en 2017, les résidents en Europe de citoyens d’un pays non-membre ne représentaient que 4.2% de la population de l’UE. Il y a aussi une immigration illégale, difficile à cerner, mais aussi une émigration d’Européens vers d’autres continents. Nous sommes loin de la « submersion migratoire »

Plutôt que d’alarmer les citoyens sur des chiffres fantasmés, mieux vaut regarder la vérité en face : l’Europe doit maîtriser son immigration, tout en répondant à ses besoins de main d’œuvre et en respectant ses engagements humanitaires internationaux. C’est ce à quoi la nouvelle Commission européenne va s’attacher : réforme de la politique d’asile, harmonisation des politiques d’immigration légale, renforcement des contrôles aux frontières tout en assistant les migrants en situation de péril. Elle sera aidée en cela par le récent changement de gouvernement italien, devenu pro-européen.
 
François Vié, président du ME62