lundi 11  juin  2018 Pôles de compétitivité  et  clusters






Monsieur Jean-Luc Ansel, dans le cadre des conférences du Mouvement Européen du Touquet-Paris-Plage, nous a présenté le 11.06.2018, un travail sur les clusters, les pôles de compétitivités et sur une de ses "aventures  . . .
" la « Cosmetic valley ».

Cet ingénieur agronome au parcours atypique est l'homme par qui la ‘Cosmetic Valley’ est arrivée.

Né en 1947, formé à l'Ecole supérieure du bois, il passe les quinze premières années de sa carrière à diriger des usines dans ce secteur. Nommé directeur général Europe au sein du groupe Steelcase-Strafor, il partage ensuite son temps entre les usines de Fécamp, Strasbourg et Senonches (Perche).
En 1989, il change d'horizon pour prendre la tête du Comité de développement économique d'Eure-et-Loir à Chartres. Convaincu de la pertinence des réseaux et des clusters, il y développe avec succès une politique innovante de filières dont la première fut la ’Cosmetic Valley’, en 1994. Elle sera suivie de ‘Perchebois’ en 1997 et ‘Pôle Pharma’ en 2002. Parallèlement, fidèle à son métier d'origine, il préside la société des experts du bois en France et mène des missions d'expertise à l'étranger dont il ramène plusieurs ouvrages consacrés aux « arbres remarquables ». Dès l'appel à projet sur les pôles de compétitivité, il tente de transformer l'essai de la Cosmetic Valley. Le pôle obtient sa labellisation quelques mois plus tard. Il en prend logiquement la direction générale et se consacre désormais à l'animation et à l'extension du réseau.

Début 2017, il a, avec succès, soutenu une thèse à l’Université de Polynésie et obtient l
e titre de docteur ès-Sciences pour son travail sur le concept de Cosmétopée (équivalent de la pharmacopée pour les produits cosmétiques).
Déjà, en 2016, il avait été promu au grade d'officier de la Légion d’honneur dans la promotion du 14 juillet, au titre du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.


 
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Qu’est-ce qu’un cluster ?

Les clusters sont des réseaux d’entreprises constitués majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un même créneau de production et souvent à une même filière. Dans une économie mondialisée, les clusters permettent, en fédérant les énergies, de conquérir des marchés qui n’auraient pas été́ accessibles par des entreprises seules. Par raccourci, on désigne également par cluster la structure en charge du fonctionnement du réseau.

En bref : le cluster regroupe :

  • Des PME en réseau
  • Une Activité dominante
  • Un Territoire de proximité
  • Des Coopérations
  • Des Liens avec le territoire

Selon leur label, les clusters portent des noms différents

Quest-ce qu’une Grappe d’entreprises ?

       La dénomination « grappe d’entreprises » n’est pas un nouveau label.

  • Elles sont principalement constituées de TPE/PME, généralement dans un même domaine d’activité ; elles intègrent, lorsque cela est pertinent, des grandes entreprises ; elles associent ou intègrent des acteurs de la formation, de la gestion de l’emploi et des compétences, de l’innovation et de la recherche, en fonction des contextes et des initiatives ;
  • Elles ont un « noyau dur » ancré sur un territoire permettant des rapports aisés de proximité entre ses membres et qui est pertinent par rapport au tissu d’entreprises concerné ;
  • Elles apportent des services aux entreprises qui peuvent porter sur l’ensemble de leurs besoins à travers des actions de mutualisation ou d’actions collectives, notamment concernant l’innovation sous toute ses formes, l’emploi et les compétences, l’organisation du travail, le développement à l’international, la communication, les aspects environnementaux… ;
  • Elles ont une structure de gouvernance propre, où les chefs d’entreprises ont un rôle moteur, avec une stratégie élaborée collectivement, mise en œuvre à travers un plan d’actions concerté ;
  • Toutes les entreprises sont concernées (entreprises de production, professions libérales, prestataires de services, artisanat de production …), dans toutes les activités (commerciales, industrielles, artisanales, touristiques, artistiques, agricoles, de service…) et sur tous les territoires (urbains, périurbains, ruraux) métropolitains et d’outre-mer ;
  • Elles s’articulent et coopèrent avec les acteurs publics et privés de leur environnement territorial.
  • Elles favorisent les coopérations avec les autres acteurs publics et privés, notamment de la formation, de la gestion de l’emploi et des compétences et de l’innovation.

Les clusters régionaux


Le réseau des clusters français ne cesse de croître. Ce sont près de 30 000 entreprises et 800 000 emploi qui sont concernés par les actions de ce « réseau des réseaux ».

Les clusters sont des réseaux d’entreprises constitués majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un même créneau de production et souvent à une même filière. L’intérêt premier du cluster est d’augmenter le chiffre d’affaire et l’efficacité économique de son entreprise et ensuite de détecter dans son environnement les facteurs favorisant sa croissance.

Pour faire face à la concurrence réelle ou potentielle à court et à moyen terme, les entreprises doivent développer leur compétitivité, c’est à dire à vendre durablement et avec le profit qu’elles produisent. Le cluster est un ensemble de décideurs qui créent et entretiennent un système relationnel leur permettant d’augmenter leurs opportunités d’affaires et de croissance. La création et l’entretien de ce système relationnel efficace est favorisé par la proximité et l’homogénéité culturelle, ce qui correspond en général à une entité régionale.



Zoom sur les pôles de compétitivité

Un pôle de compétitivité rassemble sur un territoire bien identifié et une thématique donnée, des entreprises petites et grandes, des laboratoires de recherche et des établissements de formation. D’autres partenaires, dont les Pouvoirs publics nationaux et locaux sont associés à cette dynamique.

Il a vocation à soutenir l’innovation, favoriser le développement des projets collaboratifs de recherche et développement (R&D) particulièrement innovants. Il crée ainsi de la croissance et de l’emploi. Les pôles de compétitivité ont été créés pour mobiliser les facteurs clefs de la compétitivité au premier rang desquels figure la capacité d’innovation, et pour développer la croissance et l’emploi sur les marchés porteurs.

L’enjeu est de s’appuyer sur les synergies et la confiance créée entre les acteurs par l’intermédiaire de coopération concrète dans des projets collaboratifs et innovants. Il s’agit de permettre aux entreprises impliquées de prendre une position de premier plan dans leurs domaines en France et à l’international

D’autres partenaires, dont les Pouvoirs publics nationaux et locaux sont associés à cette dynamique.



Historique de la Cosmetic Valley

Une histoire qui débute dans les années 70 avec un but principal : Promouvoir la "French Touch" sur les salons professionnels de la parfumerie - cosmétique  et développer, par la même occasion, les exportations et les entreprises engagées dans l'aventure.rRegroupées sous la bannière de l’association, les entreprises bénéficient d'une visibilité internationale lors des nombreux salons professionnels auxquels le pôle leur propose de participer : plus de 50 salons à son actif depuis dix ans ! 

La Cosmetic Valley fournit aussi un accompagnement logistique dans des conditions particulièrement favorables pour les entreprises : organisation des déplacements, envois groupés de marchandises, assurance collective, assistance sur place, …

Un programme business est proposé en amont du salon afin de permettre aux entreprises une meilleure connaissance du marché local et de rencontrer les acteurs clés de l'export.

La politique de décentralisation des années 70 incite les grands parfumeurs à quitter la région parisienne. Ils sont alors nombreux à implanter leurs sites de production au sud de l'Ile-de-France :

    à Chartres  (Eure et Loir) : Guerlain, Coty-Lancaster et Paco Rabanne s'installent en Eure-et-Loir ;

   à Orléans    (Loiret) : Dior et la Rercherche LVMH (Guerlain, Givenchy, Kenzo) à Orléans,

   à Val de Rueil (Eure) : Hermès et Johnson & Johnson (Roc, Neutrogena)

   à Blois  (Loir et Cher) : Sisley, Procter & Gamble (Head & Shoulders, Herbal Essence) . . .


La présence de ces importants industriels entraîne l'installation dans la région de PME toujours plus nombreuses opérant en amont et en aval des grandes marques :

   Matières premières : huiles essentielles, matières premières aromatiques, principes actifs ...

    Emballages : injection plastique, verriers, concepteurs de PLV

    Fabricants  (Conditionneurs et Formulateurs de produits cosmétiques)

    Laboratoires de contrôle


De même, les investisseurs étrangers du secteur choisissent d'établir leurs têtes de pont en Europe au cœur de ce territoire, où l'interconnexion entre les entreprises de la Beauté et la présence de nombreux professionnels facilitent le démarrage de leurs activités :

   dans le Loiret,  le japonais Shiseido s'implante,

    en Eure et Loir,  le coréen Amore Pacific et l'allemand Reckitt & Benckiser installent leurs unités de production.


1994 :  création de l'association Cosmetic Valley

Les acteurs de la filière Beauté d'Eure-et-Loir seront les premiers à s'organiser en réseau en 1994.

Ils seront une vingtaine à créer une association professionnelle dont Jean-Paul Guerlain prend la présidence. 


 






Avec l'appui des collectivités, Conseil général et Ville de Chartres, une stratégie ambitieuse permet rapidement à la Cosmetic Valley d'acquérir une visibilité.

Labellisée « SPL » (Système Productif Localisé) dès l'année 2000 par la DATAR, elle se positionne alors parmi les pôles de compétences français les plus dynamiques.

Entre 1994 et 2000, elle aura participé à la création de 3 000 emplois en Eure-et-Loir.

2005 : obtention du Label "pôle de compétitivité"

Lorsque l'Etat décide d'engager une nouvelle politique économique instaurant des pôles de compétitivité, la Cosmetic Valley est tout naturellement mandatée par l'ensemble des acteurs du territoire comme porteur d'un ambitieux projet de pôle de compétitivité qui sera labellisé en juillet 2005.

L'association entreprend alors un saut quantitatif et qualitatif.

Son périmètre d'action s'élargit, passant d’un à six départements présents sur trois régions : Centre, Ile-de-France, Haute Normandie.

Universités et organismes de formation rejoignent le pôle afin d'apporter leur expertise.


Nous avons pu noter la présence de Lyliane Lussignol, maire du Touquet-Paris-Plage accompagnée de quelques membres du conseil municipal.

Didier Messiaen

Le 12.06.2018