ESCAPADE  au  HAVRE   le  mercredi  20  juin  2018
    La ville, le port, les jardins suspendus et les serres   


Parti depuis 7h du Palais des Congrès, notre groupe d'environ  50 métistes fut pris en charge à 10h15 au Havre par une guide agréable et comptétente pour un tour de ville en bus.            
La première partie de cette visite fut réservée à une explication détaillée de la reconstruction de la ville après la 2ème guerre mondiale, plusieurs fois bombardée à partir de 1940  et dévastée les 5 et 6 septembre 1944 par les bombardements britanniques pour détruire la garnison allemande forte de 12 000 hommes. Bilan impressionnant : 2 000 civils tués, 70 000 sinistrés et la ville détruite à près de 80 %. Le chantier de reconstruction dirigé par Auguste Perret, fut l'un des plus colossaux de l'après-guerre. Mais son rôle dans le patrimoine architectural ne fut reconnu que récemment.

La ville détruite en 1944

Les " îlots "  construits par Auguste Perret



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Autre Escapade
Auguste Perret, l'architecte de la reconstruction
Fils de tailleur de pierre mais pionnier du béton armé, élève des Beaux-Arts et entrepreneur accompli, Auguste Perret est né en 1874. Il se fait connaître avec le Théâtre des Champs-Elysées (1913), pour lequel il fut d'abord chargé de réaliser l'ossature de béton . . . avant de prendre la place de l'architecte du projet. Son entreprise de travaux publics, qu'il dirige avec ses deux frères, est doublée d'une agence d'architecture. Elle recevra de nombreuses commandes publiques, avant et pendant la guerre, dont le Palais d'Iéna, qui abrite aujourd'hui le Conseil économique, social et environnemental.
Le chantier de reconstruction
Auguste Perret, s'active pour convaincre le gouvernement de lui confier le chantier. Ce sera chose faite le 1er février 1945. L'équipe de Perret se mettra au travail l'été suivant et il promet de " réaliser quelque chose de neuf et de durable ".
Le plan définitif est adopté dès l'année suivante. Il respecte une grille composée de modules carrés de 6,24 mètres de côté, qui servira de référence à toutes les constructions futures afin de garantir l'unité d'ensemble, l'utilisation de blocs préfabriqués pour minimiser les coûts et accroitre la productivité.
La ville nouvelle est une succession d'« îlots » d'habitation, comportant des bâtiments de hauteur différente pour laisser passer la lumière. Les premières constructions sont habitées dès 1949. Auguste Perret signera plusieurs monuments emblématiques, dont l'hôtel de ville et l'église Saint-Joseph. Il ne verra jamais son projet terminé : il meurt en 1954, dix ans avant la fin des travaux.
Pour l'époque, les immeubles du Havre bénéficient d'un confort rare dans la France d'après-guerre : lumière (la plupart des appartements sont traversants), salle de bains, espaces séparés pour les parents et les enfants, cuisine ouverte sur le salon. Pourtant, l'accueil sera plutôt frileux.
Longtemps sous-estimé, Le Havre version Perret bénéficiera d'une reconnaissance tardive à partir des années 1990. La consécration viendra en 2005, avec l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, qui salue alors « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre »

immeubles  " Perret "  au  Havre


L'église Saint-Joseph

Le 14 juin 1944, une bombe américaine détruit une partie de la nef et la façade occidentale. Le souffle démolit le clocher. Mais le 5 septembre 1944, un nouveau bombardement détruit totalement les parties épargnées par la précédente attaque. Seules quelques statues et les deux cloches survivent.

La reconstruction de l’église Saint-Joseph du Havre est une œuvre conçue par Auguste Perret en collaboration Raymond Audigier. Elle utilise évidemment les nouvelle techniques de Perret qui redynamisent le domaine de l’architecture sacrée. Menés à partir de 1951, les travaux de construction de l’église ne s’achèvent seulement qu’une dizaine d’années plus tard, en 1961. L’ancienne église néo-gothique qui s’érigeait auparavant laisse désormais la place à un bâtiment conçu comme un phare et en écho avec l’architecture moderne qu’il a imaginé pour l’ensemble du centre-ville du Havre.

Résolument moderne, l’édifice est réalisé en béton armé, ce qui ne manque pas de lui conférer, de prime abord, une apparence brute, imposante et austère.


l'église  Saint-Joseph  au  Havre  (construite par A. Perret)


le  choeur  de  l'église  Saint-Joseph

A l’intérieur, toute la prodigieuse réflexion et la prouesse technique de ces deux architectes, aux visions pourtant divergentes, font éclat. En effet, grâce aux milliers de vitraux, conçus par le maître-verrier Marguerite Huré et nichés dans la tour principale haute de 110 mètres, l’architecture devient légère, lumineuse et se pare de sept couleurs aux tons chauds dont le rouge, le blanc, le vert clair et foncé, le jaune, le violet et l’orange.

C’est environ 6500 pièces de verres, dont les couleurs ont été choisies en fonction de l’orientation de la lumière extérieure, qui composent cet espace architectural en forme octogonale et d’une hauteur de 110m. Composée d’un cœur comprenant à la fois la nef principale, l’autel et le ciborium, l’église est par ailleurs dénuée de toute décoration, sculpture et autre mobilier. Ces choix révolutionnent alors la visibilité de l’art sacré qui devient moins faste et plus abstrait. A la fois symbole de la renaissance de la ville du Havre, l’église est aussi un hommage aux victimes de la Seconde guerre mondiale. Elle s’impose alors comme emblème de la reconstruction des églises et de l’architecture du XXème siècle puis est inscrite sur la liste des monuments historiques en 1965.

Après le déjeuner que nous avons pris à Sainte-Adresse, dans le restaurant "Le Grand Large" d'où nous avions une superbe vue sur la mer, nous avons effectué une  visite en bateau de la zone portuaire qui accueillait ce jour une dizaine de portes-conteneurs armés par  MSC, CMA CGM, OOCL, P & O . . .
Le port du Havre a 75 lignes maritimes régulières et c'est le 1er port mondial pour les vins et spiritueux, le 1er port français à conteneurs du commerce extérieur, le 1er port français pour l’approvisionnement énergétique, la première plateforme française pour l'import/export de véhicules, le 2ème port français pour l'approvisionnement en pétrole brut, le 5ème port Nord-européen, ouvert sur 600 ports dans le monde.
Son activité s'étale sur 27 km de long dans l'Estuaire de la Seine et il est à l'origine de 32 000 emplois portuaires directs et indirects
Il a traité en 2016 : 66 millions de tonnes de marchandises, 40 millions de tonnes de Vrac, près de 6 000 navires en 2016
Il s'étend sur  4 200 m de quais et a investi pour  plus d’un milliard d'euros.
Enfin, c'est une zone industrielle portuaire de plus de 10 000 hectares. 

Le  restaurant   " Le Grand Large "   à  Sainte-Adresse

le  port  du  Havre  ( les docks )

le  port  du  Havre  ( les docks )


serre  au  climat  tropical  humide
Pour terminer la journée, nous visitames les « Les jardins suspendus » furent notre dernier émerveillement.
Dominant laville du Havre
et le site de l’Estuaire de la Seine, ils occupent désormais l'emplacement du fort militaire de Sainte-Adresse qui avait une vocation essentiellement défensive aux abords de la ville du Havre. Après des années d’abandon, il a été métamorphosé en extraordinaire jardin de découvertes, offrant mille et mille plantes exotiques au milieu d’un site idéal de promenade de senteurs et de couleurs exaltées par le souffle iodé de l'Océan.
Sur près de 17 hectares y poussent des  végétaux venus d’ailleurs : d’Australie, de Nouvelle Zélande, d’Amérique, du Mexique, de Tasmanie, du Japon, d’Afrique du Sud en hommage aux botanistes-explorateurs partis du Havre qui, parfois au péril de leur vie, ont rapporté ces plantes afin de les cultiver en France.

Dès l’entrée du fort qui a gardé sa porte monumentale d’origine et ses douves, on arrive dans la vaste cour qui est devenue une aire engazonnée avec au milieu des rectangles de verdure où poussent de chaque côté des plantes odoriférantes qui, suivant les saisons,
exhalent leurs suaves parfums. Des serres lu­mineuses réservent aux visiteurs des surprises de toutes sortes, tant par le choix que par la variété des espèces exposées. D’un côté ce sont les serres de production qui abritent près de 300 000 plantes et qui servent aux jardiniers pour le fleurissement de la ville, de l’autre côté, les serres de collection, ouvertes au public, où se côtoient bégonias, orchidées exubérantes, plan­tes carnivores, cactus de toutes formes, géants ou minuscules et autres souches tropicales.
Derrière leurs vitres, et dans leur atmosphère chaude et souvent embrumée, ces plantes déploient à merveille toute leur originalité et leur somptuosité.




Les  serres  à l'entrée  des  "jardins suspendus"


serre  au  climat  tropical  humide