Lettre n° 39  du ME62 
février  2020








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N° 39 Février 2020         Une conférence sur l’avenir de l’Europe

Ursula von der Leyen veut engager l’Union européenne de façon très volontaire sur de grands sujets, notamment le « Pacte vert européen » qui ferait de l’UE le leader dans le monde contre le changement climatique, et une « Europe géopolitique » sensée affirmer une souveraineté européenne en matière de défense, de commerce, de politique industrielle, de gestion des migrations.
Or, si 85% des décisions de l’UE sont prises à la majorité qualifiée, les Etats gardent un pouvoir de blocage dans des domaines majeurs où leur accord unanime est requis. On le voit sur le changement climatique avec le refus de la Pologne d’adhérer à l’objectif de neutralité carbone en 2050, en matière de défense avec l’apparition de deux projets concurrents d’avions de combat, en matière de fiscalité avec le refus d’avancer sur des règles communes de l’Irlande ou des Pays-Bas, sur la politique d’élargissement refusée par la France. La règle de l’unanimité s’applique notamment aux décisions en matière de fiscalité, de politique sociale et d’affaires internationales. Les Etats en abusent en bridant l’action de l’UE et l’empêchant de se réformer.
Le désamour des citoyens européens à l’égard de l’Europe tient au sentiment d’inefficacité de ses institutions. Leurs demandes pour une Europe plus écologique et sociale se sont exprimées lors des élections européennes.
Pour rapprocher l’Union des citoyens, Ursula von der Leyden a annoncé une « Conférence sur l’avenir de l’Europe » Celle-ci sera conduite par un grand Européen, Guy Verhofstadt, ancien chef de file des libéraux au parlement européen. Elle débutera mi 2020 pour durer deux ans. La Commission, le Parlement européen et le Conseil européen (les chefs d’Etats) doivent en définir ensemble ses modalités.

La Commission souhaite que ses travaux associent les citoyens, la société civile, et les institutions comme partenaires sur un pied d’égalité. Ses objectifs seront de redéfinir les objectifs de l’Union mais aussi d’améliorer son fonctionnement démocratique. Ses moyens seront des groupes de travail thématiques, une plateforme numérique, des dialogues citoyens et manifestations organisées par des partenaires locaux, régionaux, nationaux.
Le Parlement européen de son côté a voté une résolution demandant un débat « ascendant », partant d’ « agoras citoyennes thématiques » et « d’agoras jeunesses » Il réitère sa demande que le chef de file du parti européen arrivé en tête des élections européenne soit désigné Président de la Commission. Il veut des listes transnationales à ces élections et un pouvoir d’initiative pour le Parlement.
Les Chefs d’Etat travaillent à définir une position commune.
Cette conférence rappelle les 700 « Consultations citoyennes sur l’Europe » organisées en 2018 dans 25 pays de l’Union. Le Mouvement européen s’y était largement impliqué. Leurs conclusions annonçaient les thèmes qui ont émergé aux élections européennes. Le ME62, le ME-F et toutes les composantes du Mouvement Européen international s’impliqueront à nouveau pour faire entendre la voix des citoyens.
Ne préjugeons pas des résultats de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Mais son impact décisif serait de changer les règles de prise de décision pour éviter qu’un seul Etat puisse bloquer des décisions dans des domaines essentiels ou l’empêcher de se réformer


François Vié, président du ME62