Lettre n° 42  du ME62 
mai  2020







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n° 42  mai  2020           L’Europe face au virus  (suite)




La "grande émission des Européens" sur France 2 le jeudi 16 avril, avait une ambition forte : envisager le "monde d'après". Elle fut décevante. Elle est restée sur des sujets d'actualité pratique (les masques, vaccins, mesures de confinement ...) sans toucher aux grands enjeux de la pandémie pour l'Union, ni à l'action de l'Union européenne. La Présidente de la Commission n'a eu que peu de temps de parole et a dû se limiter à des propos convenus. Ce fut un échec d'audience avec 1.28 million soit 5.4% de téléspectateurs. Pour entendre la voix de l'Europe il faut se reporter au (Cf. lien plus bas) Discours d'Ursula von der Leyen le 16 avril devant le Parlement européen.

Le point de presse du Premier ministre dimanche 19 avril a, lui, réuni 11.5 millions de Français. Il a été très complet sur les urgences sanitaires, sociales, économiques, du déconfinement. Il est compréhensible que ce soient là, les préoccupations de la population française. Il est par contre décevant que le Premier ministre n'ait pas mentionné l'action de l'Union européenne à l'appui de celle des Etats.

Au-delà des décisions urgentes (cf. ci-dessous) il est évident qu'une action massive sera nécessaire pour gérer la crise économique qui s'annonce. Les Européens ne veulent pas renouveler l'erreur de 2008 où, contrairement aux Etats-Unis, ils ont agi trop peu et trop tard.

D'ores et déjà un plan de 540 milliards d'€ a été adopté : 240 milliards du Mécanisme européen de stabilité (créé pour résoudre la crise de 2008), 200 milliards de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour le financement des PME, 100 milliards de la Commission européenne pour aider au financement du chômage.

Le Conseil européen du 23 novembre a demandé à la Commission de préparer pour le 6 mai un plan de relance « d’une ampleur suffisante » qui serait rattaché au budget de l'Union en augmentant le plafond des ressources de 1.2 % à 2 % du PNB européen. Ces ressources additionnelles pourraient générer de 1000 à 1500 milliards d'euros d’investissements nouveaux dont les modalités restent à définir : emprunts de la Commission avec effet multiplicateur pour aide aux États sous forme de prêts et/ou subventions. Ce plan devra être cohérent avec les priorités annoncées de la Commission le "Pacte vert européen" et le numérique.

La BCE a pour sa part annoncé 870 milliards d’euros de rachat de dette des Etats et des entreprises de la zone euro afin de garantir leur crédibilité auprès des banques et des marchés. Cette aide pourra être modulée pour bénéficier aux pays les plus touchés.

Ce sont bien sûr les Etats qui sont en première ligne. Mais ignorer la solidarité européenne dans la communication envers nos concitoyens, ne renforce pas leur confiance dans l'Etat, bien au contraire. Le sondage Cevipof publié le 19 avril montre que 35 % des Français ont confiance dans leur chef de gouvernement, contre 60% en Allemagne et 64% au Royaume-Uni.
 

                                                                                       François Vié, président du ME62